Février 2018 … l’inattendu, l’inespéré arrive ! On apprend que John Williams dirigera le London Symphony Orchestra lors d’un concert à Londres le 26 octobre 2018. Pours nous tous, c’est un rêve, de voir ou de revoir ( pour les plus chanceux ), le géantissime John Williams, qui, comme chacun sait, est à l’origine de la composition des plus grandes musiques de films de notre ère, dont notre chère Saga Star Wars bien sûr.

Mais prendre des places de concert pour aller voir John Williams quelques mois auparavant, c’est prendre un risque, on le sait. C’est prendre le risque de ne pas voir ce grand homme qui du haut de sa carrière a également acquis un bel âge … 86 ans.
La vie est ainsi faite, elle n’offre malheureusement pas toujours les plus belles occasions et c’est trois jours avant le concert que nous avons appris que pour des raisons de santé, le compositeur ne dirigerait finalement pas le mythique orchestre. Evidemment c’est une déception immense, un rêve qui s’en va, mais il n’était pas question pour nous de manquer tout de même ce grand moment pour voir et surtout écouter le London Symphony Orchestra dans la magnifique enceinte du Royal Albert Hall.

Une lettre ( que vous retrouverez ci-dessous ) de la part de John Williams à l’attention du London Symphony Orchestra, où le compositeur exprime son regret quant à son absence et souhaite une très belle soirée, a également été lue devant toute l’assemblée.

LA LETTRE DE JOHN WILLIAMS

Pour l’analyse musicale plus détaillée et plus experte du concert, je laisse place à la critique de Mathieu :

Le London Symphony Orchestra, qui depuis plus de 40 ans accompagne John Williams dans la plupart de ses œuvres, est véritablement un orchestre exceptionnel. Même en l’absence du compositeur, c’est une grande émotion de voir l’ensemble de ces musiciens fouler la scène du Royal Albert Hall et s’installer à leurs pupitres. Certaines personnes ont préféré annuler leur venue comme le montrent les places vides un peu partout dans la salle, c’est très dommage vu la qualité du concert que nous avons vécu…

 

La directrice artistique du Royal Albert Hall, Lucy Noble, prend le micro pour introduire la soirée et dire sa déception (partagée) de l’absence du compositeur. Puis le flutiste principal prend la parole à son tour pour lire une lettre écrite par les musiciens à l’intention de ce dernier. Depuis sa chambre d’hôpital, on nous dit que John Williams écoute la retransmission en direct par Classic FM, c’est une standing ovation de la salle pour lui rendre hommage !

 

Dirk Brossé, le chef qui a dirigé la tournée Star Wars in Concert dans le monde entier, fait son entrée. La soirée commence alors par le thème principal de Star Wars en version suite de concert. Non prévue au programme, c’est pourtant l’introduction parfaite pour une soirée dédiée aux BO de Williams, surtout interprétée par le LSO. La première impression est décoiffante, on a littéralement l’impression que le film se joue sous nos yeux, avec la même puissance, avec le même souffle que les bandes originales que nous avons écoutées et ré-écoutées tant de fois. Quelle magie !

 

Tout de suite après ce prélude, l’orchestre, sous la baguette vive et passionnée de Dirk Brossé, entame une suite d’extraits tirés de Rencontres du Troisième Type (Close Encounters of the Third Kind) de Steven Spielberg. Composée quasiment en même temps que Star Wars, cette musique est une évocation très différente de l’espace et des mondes extraterrestres. Entre musique atonale et thèmes poétiques hors du temps, le LSO nous transporte le temps de quelques minutes dans l’univers du premier grand film de SF de Spielberg, à une époque où l’ailleurs était encore perçu comme quelque chose de magique et d’envoutant. Une vision radicalement différente, presque aux antipodes, sera celle de La guerre des Mondes du même réalisateur 30 ans plus tard, avec une musique de Williams elle aussi bien plus sombre et désenchantée. Dans les grandes envolées finales, le LSO nous offre un pur moment de merveilleux et de grande musique comme seul John Williams sait en composer. Adoptant des tempi amples et lents, on a le temps d’apprécier toute la profondeur et la beauté des pupitres des musiciens londoniens.

 

Après une courte intervention du chef d’orchestre, c’est au tour d’une sélection de thèmes tirés des films Harry Potter, ceux pour lesquels Williams a composé la bande originale. Le « Hedwig’s Theme » et « Harry’s Wondrous World » sont encore une vraie démonstration de la maestria du compositeur, oscillant entre les moments magiques, le lyrisme et l’aventure. L’orchestration est superbe, elle met en valeur tous les pupitres, cuivres, bois, vents, et le LSO est encore une fois en très grande forme. Le public ne s’y trompe pas : applaudissements nourris entre les différents extraits.

 

Arrive la surprise de cette première partie de concert : la suite de Dracula, le film de 1979 réalisé par John Badham avec Frank Langella. Une version longue et remasterisée de cette bande originale méconnue mais magnifique ressort d’ailleurs ce mois-ci chez Varèse Sarabande. Encore un très beau moment de musique et un thème romantique qui demande à être redécouvert !

 

C’est au tour de E.T. d’atterrir au Royal Albert Hall, avec la grande suite de concert tirées des moments phares de la bande originale du film de Spielberg. Incroyable sensation là encore, moments d’action, moments d’émotion, tout y est, tous les musiciens sont en harmonie, en symbiose. Nous sommes aux anges !

 

Après l’entracte qui est l’occasion de se balader dans les couloirs de cette salle mythique, la deuxième partie commence avec un thème très connu des fans de Williams : la « Superman March ». C’est toujours un grand moment de musique et de cinéma ! Dès les premières notes des cuivres, quelques cris et applaudissements envahissent la salle… C’est un thème franc, puissant, cuivré que livrait Williams pour le film de Richard Donner en 1978. Sur nos sièges sur le côté gauche de la scène, on s’envoie des clins d’œil en mode « fan », à écouter l’orchestre qui a bercé les grands films de notre jeunesse. Moment de bonheur partagé !

 

Ensuite, le public découvre ou redécouvre la musique du Bon Gros Géant, encore un film de Spielberg un peu passé inaperçu en 2016, mais avec une magnifique musique de Williams. C’est par contre un grand classique qui suit immédiatement après, le thème de Jurassic Park. La qualité des cuivres est époustouflante, tout comme l’ensemble de l’orchestre. Les plus fans de Jurassic Park parmi nous sont conquis !

 

Après des applaudissements nourris, la corniste principale (cor anglais) du LSO prend le micro pour parler de ses expériences avec John Williams et évoque une musique qui « entre en résonnance avec ce qu’il y a de plus profond en chacun de nous ». En 1993, elle était dans l’orchestre pour enregistrer La Liste de Schindler, l’un des moments les plus marquants de sa carrière. Elle présente alors Carmine Lauri, le premier violon et soliste qui va interpréter le thème principal du film de Spielberg. Très grand moment d’émotion avec cette musique qui, en effet, nous est allé droit au cœur en évoquant instantanément l’une des plus grandes tragédies du XXe siècle…

 

C’est sans transition que le concert se termine avec les grands thèmes de Star Wars et de L’Empire contre-attaque. On commence avec la marche impériale, puis un nouvel arrangement du thème « Han Solo & the Princess » (une première européenne), et enfin le « Throne Room & Finale » de 1977. Ces thèmes, nous les connaissons par cœur, mais la joie de les entendre par le LSO avec cette qualité d’interprétation est immense. Il ne manquait que le principal intéressé pour que la soirée soit parfaite ! C’est ensuite au tour du thème des Dents de la mer d’être merveilleusement bien interprété. Encore une standing ovation, une de plus, avant qu’une des violonistes ne nous annonce une petite surprise en bis : le thème de Yoda, superbe, majestueux, émouvant…

 

Et pour terminer cette fabuleuse soirée en beauté, le chef Dirk Brossé envoie le thème que nous attendions tous : Indiana Jones, dans la version « Raiders ». Quel bonheur, on revit le film, les personnages, tout ce qui nous a fait rêver ! La salle est chauffée à blanc, et c’est sur ces dernières notes que les musiciens, après plusieurs saluts, quittent la scène… Nous aussi, en espérant que nous reviendrons écouter et admirer John en personne un jour prochain !

LE PROGRAMME

• Main Title from Star Wars
• Excerpts from Close Encounters of the Third Kind
• Harry Potter – Hedwig’s Theme
• Harry Potter – Fawkes the Phoenix
• Harry Potter – Harry’s Wondrous World
• End Titles from Dracula
• Adventures on Earth from E.T. The Extra-Terrestrial

——  ENTRACTE  ——

• Superman March
• A Child’s Tale from The BFG
• Theme from Jurassic Park
• Theme from Schindler’s List (Carmine Lauri, violin)
• Star Wars – The Imperial March
• Star Wars – Han Solo and the Princess (New Arrangement; European Premiere)
• Star Wars – Throne Room and Finale

——  RAPPELS  ——

• Theme from Jaws
• Yoda’s Theme from The Empire Strikes Back
• The Raiders March from Raiders of the Lost Ark

Star Wars – The Imperial March

Star Wars – Han Solo & the Princess ( New Arrangement )

Indiana Jones – The Raiders March

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